Le changement véritable
Revenir pour mieux devenir
J’ai passé des années à vouloir changer les choses.
Changer les gens. Changer ma vie.
Le développement personnel a souvent cette tendance à nous pousser à vouloir se changer et changer sa vie - parce qu’on a toujours quelque chose à améliorer, non?
Et puis, le coaching - à la base - vise l’amélioration continue en fixant des objectifs à atteindre, des plans d’actions à accomplir et la définition d’une vision, de futurs résultats souhaités.
Soit.
Si je suis d’accord sur le fond, je ne peux plus assumer la forme.
Je n’arrive pas à adhérer à cette pulsion pour toujours vouloir changer, transformer, faire croître à tout prix.
Une évolution dans ma pensée, mon approche et la philosophie de développement humain que je partage s’est imposée. Comme une élévation vers un point de vue plus vaste, une compréhension plus profonde de notre parcours humain.
Et cette évolution, je l’ai accueillie non sans crainte, mais avec humilité et curiosité.
Et si c’était correct ainsi?
La fameuse phrase: Devenir la meilleure version de soi-même me fait rouler les yeux depuis de nombreuses années. Selon moi, elle induit que nous ne sommes pas adéquats ou complets tel que nous sommes aujourd’hui.
Que nous devons sans cesse viser autre chose que ce que nous incarnons présentement.
Que le meilleur est toujours à atteindre et surtout, qu’on doit vouloir l’atteindre.
Mais souvent, nous sommes exactement où nous avons besoin d’être pour notre évolution, nous sommes tels que nous sommes à cette étape de notre vie pour notre propre bien.
En pleine pandémie (2020) un altération incontournable s’est imposée à moi:
Et si on choisissait plutôt de Devenir la plus vraie version de soi-même?
La version la plus authentique et intègre de soi-même?
Déjà, cette évolution du concept de transformation m’a permis d’accompagner et de coacher en accord avec mes valeurs et convictions profondes:
Respecter l’humain dans son évolution authentique,
Dans une croissance plus organique, naturelle,
En étant sensible à ce que chaque étape de notre parcours nous amène à expérimenter.
Parce que de forcer l’amélioration ou la croissance, c’est comme tirer sur les fruits pour qu’ils poussent plus vite…Non seulement ça ne marche pas, mais ça freine la pleine maturation.
Cette transformation - devenir la plus vraie version de soi-même - m’a permis de connecter les points de tiraillement et de déchirure chez plusieurs coachés que j’accompagnais et de développer une approche de coaching des plus utiles et transformatrices.
Je me félicite d’avoir osé altérer mon approche vers une plus saine, sereine et bienveillante. Plusieurs coachés ont même dit:
-Enfin une approche déculpabilisante qui me permet d’être bien et en respect de qui je suis présentement!
Au fil des derniers mois à intégrer, étudier, expérimenter et infuser la pleine conscience dans ma vie et dans ma pratique professionnelle, une nouvelle élévation s’impose à moi.
Une évolution naturelle et tout aussi incontournable du concept, une altération encore plus saine et essentielle:
Et si on acceptait complètement la version de soi que l’on est présentement?
L’acceptation
Concept-défi s’il en est un, particulièrement dans une vie contemporaine et active, l’acceptation est au cœur du processus de changement.
Sans accepter les choses, les gens, et nous-mêmes, tel que nous sommes présentement, nous ne pouvons espérer créer de changement véritable, concret et durable.
On ne peut pas quitter un lieu où l’on a pas accepter d’aller
-Christophe André
Si l’on veut sauter haut et loin, on a tout intérêt à s’ancrer solidement dans le sol pour se propulser avec le plus de force et de stabilité.
Le même principe s’applique ici:
Pour créer des changements porteurs d’impact, nous devons d’abord prendre le temps de revenir au présent, de se déposer dans l’ici et maintenant pour se stabiliser et avoir un ancrage solide avant de sauter.
Simple, mais pas simpliste.
Faisable, mais pas facile.
Le changement véritable vient du contact avec ce qui est - maintenant, présentement - et de l’acceptation des choses telles qu’elles sont en ce moment. Sans vouloir changer les choses sur-le-champ.
C’est tout le défi et l’invitation de la pleine conscience.
C’est d’abord un mouvement pour revenir avant de devenir.
Un synonyme qui change tout
La pleine conscience est pour beaucoup d’entre nous un concept flou et vaste, plus ou moins compris mais très répandu - galvaudé même.
Avant d’entamer mon parcours certifiant de professeure de méditation, j’étais attirée - indéniablement - par la pleine conscience et une vie plus consciente, tout en me demandant comment ça se pouvait concrètement.
Au delà de mon moment de méditation le matin, comment je peux vivre en pleine conscience dans une vie riche, active et contemporaine qui me sollicite de part et d’autre?
Et ça s’est révélé pour moi par la connexion à un synonyme, dès les premiers instants de la formation, quand ma prof nous a partagé la définition complète de la pleine conscience et ses synonymes - traduit du concept de base en anglais qu’est la mindfulness
Son synonyme le plus parlant selon moi est de choisir de développer notre pleine présence.
Ahhhh… Sens-tu l’invitation concrète et apaisante qui nous est lancée?
Si je reviens à mon fil de pensée, le changement véritable ne peut pas advenir sans que nous soyons pleinement présent à nous-même et à ce qui est, ici et maintenant, au présent.
Peut-être pas plus facile, mais certainement plus concret.
Peut-être un défi entier mais plus invitation, plus inspirant selon moi.
Parce que sans la pleine présence - au présent - on essaie de se transformer, de s’améliorer ou de s’accomplir à partir soit du passé ou d’un futur hypothétique…
Dans tous les cas, on tente de créer sur du vent, du sable mouvant ou sur un terrain qu’on n’habite pas vraiment.
Le mental n’a jamais été en charge du changement
T’es là mais t’es comme pas là
On l’a tous vécu à un moment ou à un autre:
On parle à un ami et on sent qu’il n’est pas tout à fait là.
On parle à notre conjoint et on voit bien qu’il nous écoute d’une oreille distraite.
On parle avec quelqu’un et il est distrait par son cellulaire.
Dans le film Québecois De père en flic 2, il y a une scène au tout début où la fille - jouée par Karine Vanasse - dit à son chum:
-“T’es jamais vraiment là.”
-“T’es là, mais t’es comme pas là en même temps.”
Et lui, qui ne comprend pas trop, parce qu’il est avec elle (physiquement) en ce moment, lui répond à la blague qu’il est le “Messmer” du Québec (un hypnotiseur de spectacle et illusionniste)
Il a raison, son corps est là avec sa blonde, oui.
Mais elle a raison au fond, parce qu’il n’est pas vraiment là non plus:
Pas présent dans son corps, dans son esprit, dans l’instant partagé avec sa compagne.
Combien de fois avons-nous senti cela?
Combien de fois avons-nous été cette personne - là - le corps sur place avec l’autre, mais le corps pas vraiment habité de notre présence à nous-même et à l’autre?
Accepter, c’est d’abord prendre un instant de se déposer complètement au présent, en ce moment.
C’est accepter ce qui est, ce qui se joue présentement dans:
Notre corps,
Notre esprit,
Notre espace intérieur,
Nos émotions, nos ressentis,
Notre conscience,
Sans fuir l’instant, en étant rempli de présence.
En adoptant cette intention de pleine présence chaque jour, dans les moments simples et ordinaires de la vie moderne, nous entamons le chemin du retour à la vie véritablement vécue et habitée.
Au fil de ces instants simples et ordinaires de présence, nous pouvons développer notre capacité d’acceptation de chaque moment, peu importe ce que nous avons à faire après, ou ce qui s’est passé avant.
Et quand les moments moins évidents ou plus agréables arriveront, nous pourrons alors choisir à nouveau cette intention d’accepter les choses pour ce qu’elles sont présentement, pour l’instant, sans chercher à ce que les choses soient autrement qu’elles sont en ce moment.
Et c’est à partir de cet espace de pleine présence et d’acceptation dans l’instant que nous vivons véritablement.
Que la vraie vie prend tout son sens et toute son essence.
Que le véritable changement peut prendre racine et s’amorcer.
C’est à partir de cette présence pleine et entière, infusée d’acceptation de ce qui est présentement, que nous pouvons réellement commencer à ébaucher des changements durables et significatifs.
À partir de qui nous sommes maintenant,
À partir de ce qui est, présentement.
À partir d’un présent pleinement accueilli et habité,
Vers un horizon mieux incarné et éclairé.
Avec lumière et bienveillance,
Pour revenir au présent, au fil des journées bien remplies, voici des suggestions d’actes simples et rapides à intégrer à ton quotidien:
Prendre une respiration plus ample, sentie
Se demander “où est-ce que je suis mentalement en ce moment?”
Prendre quelques secondes pour choyer les transitions:
Entre deux tâches, entre deux rendez-vous, entre deux conversations, entre le moment où je prends mon cellulaire et celui où je le dépose, etc.
Se créer des rappels pour que notre fameux appareils intelligent serve de rappels à la présence et non seulement de distraction!
Partage-moi tes expériences de présence et de pleine conscience…
Dans un monde rempli de distractions et de brouhaha, choisir de reprendre la maîtrise de notre attention en se déposant dans l’instant est un acte de rébellion souveraine, de reprise de notre pouvoir personnel.






J’adore te lire. Toujours pleine de sens. 🩷 tu m’aide a être présente ici maintenant.